Samuel Pozzi, un chirurgien flamboyant de la Belle Epoque.

Date :

Mercredi 4 mars 2026

Prix :

Lieu :

Salle de la Concorde, 12 rue Louais Barbier, 76540 VALMONT

Intervenant :

Georges NOUVET

Samuel Pozzi né en 1847, à Bergerac, peut être considéré comme le père  de la gynécologie française. C’est à lui qu’elle doit son indépendance et une chaire d’enseignement dont il fut le premier titulaire à Paris en 1901.Même si c’est très méritoire,  cela ne suffirait pas à justifier que l’on  vienne vous parler de lui.

Alors pourquoi ?

Et bien parce que ce gascon alliait, à son fort pouvoir de séduction, les compétences d’un chirurgien hors norme .Ces talents l’ont conduit à être rapidement chirurgien des hôpitaux de Paris, professeur de gynécologie et chef de service à l’hôpital Broca .Sa curiosité scientifique, sa puissance de travail exceptionnelle  et sa parfaite maitrise de l’anglais et de l’allemand allaient lui ouvrir  toutes les portes du monde médical de la belle époque.

Il  a ainsi   acquis une notoriété médicale  internationale en intervenant dans de nombreux congrès,  en publiant des centaines d’articles et en écrivant  seul, un traité de gynécologie qui fit longtemps autorité dans le monde entier.

Il a mis un point d’honneur à visiter les plus importants hôpitaux des USA et d’Allemagne pour introduire en France de nombreuses innovations dont la méthode antiseptique qui allait transformer  le pronostic de ses opérés ;

  Comme si la vie médicale ne lui suffisait pas, il avait  réussi à se faire élire maire  de sa ville natale puis sénateur de Dordogne. Quand il lui restait un peu de temps, il ne manquait pas d’aller  à Londres acheter ses tentures d’ameublement et  faire faire ses costumes sur mesure.

A Paris, quand il n’allait pas au théâtre ou à une réunion de quelque société secrète,  il organisait dans son appartement de la place Vendôme puis de l’avenue d’Iéna, des grands diners  où l’on pouvait croiser Leconte de L’Isle,  Dreyfus, Clemenceau, Marcel Proust  et Alexis Carrel . Il cherchait aussi la compagnie des femmes dont il devenait souvent l’amant avant de leur garder une amitié sincère. Il partagea ainsi une grande passion avec la grande Sarah Bernhardt et avec la belle Judith Gautier.

 Il était redoutable en escrime, participait aux chasses présidentielles, collectionnait tanagras et    médailles rares, mais aussi tableaux et objets d’arts précieux. Il partagea bientôt ces plaisirs avec une certaine madame F qui l’accompagna longtemps  en vacances dans toute  l’Europe et le conforta dans l’idée de se séparer de sa femme..

Pendant la guerre de 14, il souhaita reprendre du service en tant que médecin commandant de 1° classe et offrit avec une énergie de jeune homme, ses compétences dans de nombreux centres de soins de Paris où étaient traités les grands blessés ,rapatriés du front .On n’aurait pas été étonné qu’il ait lui-même une  mort héroïque ; il dut  se contenter de n’avoir qu’une fin  tragique le 18 juin 1918.

Intervenant

Georges NOUVET

Précédent